Déclaration liminaire au CTA du 25 janvier 2018

jeudi 25 janvier 2018

Monsieur le Recteur,

L’émotion voire l’écoeurement sont vifs à Plouhinec depuis la brutale décision de fermeture du lycée Jean-Moulin. Dans l’indifférence aux réalités économiques et sociales du Cap-Sizun, la Région et les autorités académiques ont décrété la fin d’un service public d’éducation et de formation professionnelle crucial pour l’avenir de la région et de sa jeunesse.
L’argument de la baisse d’effectifs qui a été brandi mérite d’être relativisé. Si cette baisse est réelle depuis 20 ans, la démographie n’en est pas le seul moteur et des choix stratégiques ont été faits pour en arriver là. Par exemple, la fermeture à la rentrée 2013 d’un CAP Entretien et réparation des embarcations de plaisance qui avait été ouvert à la rentrée 2011 avec un investissement conséquent de la Région Bretagne.
Quant aux retombées économiques et sociales de la fermeture du lycée Jean-Moulin, elles pèseront sur les familles des élèves du Cap qui devront financer les transports scolaires jusqu’à Concarneau ou Pleyben. Elles pèseront sur l’accueil des élèves allophones ou décrocheurs dont l’intégration a fait la fierté des enseignants et des personnels d’éducation. Elles pèseront sur le tissu local en matière de consommation, en matière de synergie de projets
SUD éducation dénonce le coup terrible porté aux espoirs d’avenir d’un projet éducatif enraciné au coeur d’un territoire et porteur d’effets positifs tant sociaux qu’économiques.

La rentrée 2018 va voir des conditions de travail qui vont encore se dégrader.

L’académie va se voir supprimer 40 postes d’enseignants dans le 1er degré à la rentrée 2018. Certes, le nombre d’élèves scolarisés en primaire va baisser. Le maintien du nombre de postes était l’occasion d’améliorer les conditions d’encadrement et les moyens de remplacement.
Mais non !

La rentrée 2018 se fera de nouveau dans un contexte de classes surchargées. On nous sert un discours qui met l’accent sur le suivi et la réussite de chaque élève et dans les faits on réduit tout ce qui permettrait la mise en place de ces intentions. Or, les premières victimes de ces classes surchargées sont les élèves en difficulté.
Par ailleurs, le déficit de remplaçants est déjà criant cette année. Sans moyens supplémentaires, la situation ne peut s’améliorer. Et quand un enseignant absent n’est pas remplacé, ce qui est fréquent aujourd’hui dans l’académie, ses élèves sont répartis dans les autres classes de l’école. Ayons l’honnêteté de dire que ce sont des journées d’enseignements de perdues pour les enfants qui se retrouvent alors en situation de garderie.
Il est de la responsabilité de l’administration d’assurer le bon fonctionnement du service public d’éducation en faisant en sorte que chaque enfant bénéficie des heures d’enseignant qui lui sont dues ! Sans parler des moyens FLS, enfants du voyage, UPE2A, dyslexie qui eux ne bénéficient d’aucun coup de pouce.

Dans le 2nd degré, notre analyse est identique. Les DGH arrivent et sont là aussi notoirement insuffisantes pour faire face aux besoins de dédoublement de ces classes toujours plus chargées. Et l’opération de transformation de 33 ETP en 32,4 HSA nous fâchent. Ce n’est pas d’heures supplémentaires dont les collègues ont besoin, ces heures sup qui alourdissent les services, fatiguent les collègues et décrédibilisent notre maxima de service de 18h, ce sont des postes dont nous avons besoin dans les établissements pour alléger les classes, pouvoir les dédoubler, prendre en charge les élèves en difficultés scolaires ou comportementales.
On note d’ailleurs que l’argument de l’évolution des effectifs sert toujours aux fermetures, pas aux ouvertures lorsqu’il y a des montées d’effectifs. Combien de collèges de 650 à 700 élèves avec un seul CPE par exemple comme à Guingamp. collège Lamballe qui va bientôt exploser à 900, avec juste un demi poste provisoire en plus.
Un seul poste de CPE dans des lycées avec internat, quel que soit le nombre d’élèves ne permet certainement pas de mettre en place une politique éducative. Mais bon, ce sont des Lycées Pro donc ce n’est pas l’élite...
Quand aux psyEN, ils croulent sous les rendez-vous avec des bilans psy de plus en plus nombreux et nécessaires pour les enfants en difficulté. Ce sont les conséquences de l’école inclusive sans moyens en personnels spécialisés ni possibilités de dédoublements pour cause de DGH insuffisantes. Quid des appareillages MDPH-IA que les familles et enfants attendent parfois 2 ou 3 ans
Des collègues psyEN en arrivent dans certains collèges à dire que leur boulot est conditionné par de dossiers « urgents » et subissent le fait de devoir hiérarchiser les dossiers à constituer-enfants à suivre. Des planning parfois pleins depuis novembre jusqu’en avril.

Les RASED se disloquent. Les demandes explosent, les prises en charge logiquement aussi, au détriment des temps de synthèse et de partenariat pourtant seuls constituants et garants d’un travail de qualité. 
La passation des bilans prenant tout le temps des psy EN, ils ne peuvent assurer leurs autres missions fondamentales notamment de prévention et de partenariat. Les situations dérapent. Les enfants restent en difficulté à l’école On démultiplie les risques qu’ils doivent un jour être orientés et nécessiter un bilan qui, à ce moment là, feront qu’ils sont prioritaires pour rencontrer le psy EN. Très ou trop tard. Bref, le serpent se mord la queue, c’est toute l’absurdité du système.

SUD éducation souhaite aussi attirer votre attention sur la suppression du poste de principal adjoint au collège Beaufeuillage à Saint Brieuc. Avec plus de 400 élèves, un dispositif de scolarisation et un nombre important d’élèves allophones, la charge de travail se répercutera inévitablement sur la CPE et le principal. Cette suppression de poste est un mauvais présage pour l’avenir de l’établissement que l’on sait menacé de fermeture dans le cadre de projet de reconstruction du collège Racine.
Le chantier, ou plutôt les chantiers du Lycée, nous alarment
Le bac réformé ne comportera plus que 4 épreuves terminales, ce qui l’oriente vers un diplôme « maison » dépendant de l’établissement, cassant ainsi sa valeur nationale. Avec le contrôle continu, l’évaluation des élèves deviendra de plus en plus source de tension avec les élèves et leurs familles et il sera beaucoup plus difficile de la faire correspondre à des enjeux formatifs et pédagogiques.
Dès cette année, le bac ne sera plus suffisant pour accéder à l’université. Les Universités vont demander aux futurs bacheliers des lettres de recommandations, des engagements associatifs. Organiser la pénurie pour instaurer la sélection : c’est le mauvais coup de ce gouvernement. Lycée modulaire + bac local + sélection : l’université comptera elle encore longtemps les 11 % d’enfants d’ouvriers/ères qui y étudient actuellement.


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