Rentrée 2012 : la grande illusion

mardi 11 septembre 2012

La rentrée des classes de septembre 2012 est la pire des rentrées parce que 13000 postes supplémentaires sont supprimés. Ces 13000 postes viennent s’ajouter aux 60000 suppressions des 5 années précédentes, alors que la rentrée 2011 s’était déjà faite dans des conditions déplorables. 1000 postes rendus en urgence ne peuvent le masquer.


Des exemples dans le département ?

Dans nombre d’ écoles et de collèges, on réclame toujours des ouvertures de classes, car il n’est pas acceptable d’ avoir des classes à plus de 25. On atteint pourtant des effectifs de 40 dans certaines petites sections, les effectifs frôlent ou dépassent les 30 dans certaines classes. Le minable « socle commun » est toujours d’actualité, le fichage continue...

Pour les élèves étrangers, l’Éducation Nationale fait son travail en accueillant des élèves primo-arrivants non francophones, mais sans dispositif d’apprentissage de la langue satisfaisant ! Et puis gare, si l’on n’a pas de papiers !

Pour les élèves handicapés, la prise en charge continuera de se faire par des emplois précaires, sous qualifiés et sous-payés, EVS pour lesquelles l’ État ne remplit même pas ses obligations en matière de formation (il vient d’ailleurs d’être encore condamné par le tribunal des prud’hommes de Rennes)

Dans les Lycées d’enseignement général, la « réforme » est appliquée, on continue de surcharger les classes, y compris voire plus encore en groupes de langues, alors qu’on proclame l’éducation comme priorité nationale. Là encore, ce n’est pas acceptable !

Dans les Lycées professionnels, le « bac pro en trois ans » est maintenu, nombre d’options sont inaccessibles … à moins de passer par le privé. Est-ce acceptable ?

Et 2012 sera encore une année noire pour les nouvelles enseignantes et les nouveaux enseignants. Les stagiaires seront encore quasiment à plein temps en responsabilité devant les élèves, sans formation professionnelle.

La faute à Sarkozy… mais pas seulement

Bien entendu, cette rentrée est d’abord celle qui a été voulue par Sarkozy/Fillon/Chatel. Mais le gouvernement Hollande/Ayrault/Peillon a choisi de la laisser quasiment telle quelle, en ne proposant que des aménagements à la marge, là où un véritable plan d’urgence était nécessaire…. et assez facilement possible, avec un peu de volonté politique ;

Par contre, personne ne nous fera croire qu’il n’était pas possible de recréer immédiatement des milliers de postes, en commençant par titulariser les précaires, ni qu’il était urgent d’allonger un temps de vacances sans réflexion sur les rythmes scolaires, ni qu’il fallait absolument discuter de morale à l’école.

Demain ça ira mieux ? Ça dépend de nous !

Peillon a justifié l’insuffisance des mesures d’urgence par le lancement d’une grande consultation « pour la refondation de l’école ». Pourtant, comme nous le craignions, l’essentiel des décisions semblent prises avant même que la consultation ait débuté, et aucune rupture avec le démantèlement libéral du service public d’éducation ne s’annonce.


SUD éducation continuera de défendre ses revendications pour une école démocratique, critique et émancipatrice y compris en étant présent dans la concertation. Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations.

SUD éducation s’emploiera à les construire et invite les personnels à se réunir pour débattre des exigences à porter et des moyens à mettre en œuvre pour obtenir satisfaction


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