Un stage pour réfléchir et agir sur l’évaluation et la hiérarchie

vendredi 11 mai 2012

Sud-Education 22 a organisé le 8 mars 2012 un stage sur les questions de hiérarchie et d’évaluation des personnels dans l’Education Nationale.

La lutte anti-hiérarchie est une constante des mouvements de lutte dans l’Éducation Nationale, au moins depuis 68. Ces mouvements anti-hiérarchiques sont constamment minoritaires, mais ils sont menés dans certaines périodes par des minorités très actives : c’est le cas notamment dans la période 75-90, le ministère Savary constituant une charnière.

Ces mouvements anti-hiérarchiques ne sont coupés, ni de la remise en question de l’école capitaliste et libérale, ni de la transformation des rapports entre élèves et enseignants, ou des mouvements pédagogiques. Au contraire, cette triple réflexion est centrale, et refuser les relations hiérarchiques, c’est aussi vouloir travailler autrement. Les mouvement anti-hiérarchiques apportent un élément de plus à la critique de l’École telle qu’elle est.

Dans ce stage n’ont été abordées en principe que des questions hiérarchiques (en lien avec l’ « évaluation »), dans le contexte des évolutions en cours, mais cela ne signifie pas que l’on se contente de ce seul champ de réflexion et de lutte, ni qu’on le sépare du reste. Si on relance aujourd’hui la réflexion anti-hiérarchique, c’est évidemment lié aux projets actuels du gouvernement (qu’on espère bientôt renvoyé aux poubelles de l’histoire - remarque d’avril 2012).

Cette réflexion est constitutive du syndicalisme que l’on veut développer à SUD-Education, comme des pédagogies qui inspirent nos réflexions dans le cadre de « l’école que nous voulons ».

Sud Éducation a inscrit dans ses statuts cette dimension anti-hiérarchique, et sa commission anti-hiérarchie a publié une brochure qui sera réactualisée.
- statuts
- brochure

Au début du stage, les camarades présents ont exprimés leurs motivations. En vrac un principal autocrate, l’archaïsme de l’évaluation et la nécessité d’explorer des voies nouvelles, le projet de réforme actuel, l’expérience des « refuseux », le durcissement des rapports hiérarchiques et le passage à des procédures d’évaluation codées, la possibilité de contester les ordres, le rôle des CAP, la pression particulière sur les TZR et les non-titulaires.... En toile de fond est nettement apparue la perception d’un certain basculement actuellement, conséquence du changement générationnel et de la perte des valeurs anti-hiérarchiques issues de 68. Le durcissement des rapports hiérarchiques contribue à générer une souffrance accrue (des études récentes montrent que 30% de collègues pensent à changer de métier), et impose la nécessité de réintroduire du collectif dans nos métiers : réagir collectivement permet de résister plus efficacement, et aussi de mieux « tenir » face au stress.

Plan du stage :
- 1 État des lieux
- 2 Les résistances, les réactions possibles
- 3 Les alternatives

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bilan stage hiérarchie

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