dimanche 22 septembre 2019

DEUX COMMUNIQUES DE LA FEDERATION SUD-EDUCATION

CONTRÔLE CONTINU AU BAC : SUD ÉDUCATION DÉNONCE UNE USINE A GAZ

Le ministre prétendait que le baccalauréat d’avant était trop complexe. Pourtant, la publication de la circulaire organisant le contrôle continu ne fera qu’ajouter à la complexité du bac et à la désorganisation qu’on constate partout depuis la mise en place de la réforme.

L’organisation des épreuves du contrôle en cours de formation (CCF) devra s’intégrer aux emplois du temps normaux des élèves et ne permettra pas la banalisation de certaines journées : la charge pour les élèves et les enseignant-e-s sera sans précédent, mais surtout l’organisation des épreuves s’annonce dantesque !

Des tests de positionnement en seconde aux évaluations incessantes, le lycée Blanquer est le lycée de l’évaluation permanente des élèves contre tout intérêt pédagogique. Les notes obtenues au CCF ne pourront, en effet, être prises en compte dans la moyenne du contrôle continu : les évaluations ne feront donc que se succéder lors des trimestres de CCF. Loin de limiter le bachotage, comme le ministère le présentait, ces nouvelles épreuves ne feront que le renforcer au détriment du temps d’apprentissage.

SUD éducation dénonce cette mascarade et revendique encore et toujours le retrait des réformes des lycées et du bac.

ENSEIGNANT-E-S CONTRACTUEL-LE-S ET AESH : SUD ÉDUCATION DÉNONCE UN PLAN DE LICENCIEMENT SILENCIEUX

Cette rentrée 2019 marque un tournant dans la gestion des ressources humaines par l’éducation nationale : entre les non-renouvellements de contrat, les retards d’envoi des attestations Pôle Emploi, le non-respect du cadre réglementaire qui encadre le temps de travail, les personnels précaires sont particulièrement maltraité-e-s.

Des conditions de rentrée inadmissibles pour les AESH

C’est particulièrement vrai pour les AESH (accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap). Ceux et celles-ci devaient signer à la rentrée des contrats de trois ans avec une durée du travail annualisée (1607h sur 41 semaines à temps plein) selon la circulaire ministérielle du 6 juin 2019. Or plusieurs rectorats ont été incapables d’éditer ces contrats à la rentrée (plusieurs milliers), d’autres ont commencé à réinterpréter la circulaire en augmentant le temps de travail hebdomadaire des AESH sans augmentation ni de la quotité horaire contractuelle, ni du salaire. Ces difficultés de rentrée viennent s’ajouter à la précarité que subissent déjà les personnels AESH. Aucune revalorisation salariale n’est prévue à l’heure actuelle, pourtant les salaires des AESH sont insuffisants : entre les temps incomplets imposés, le refus de leur faire bénéficier de la prime « éducation prioritaire » et l’absence d’augmentation salariale au cours de la carrière, le salaire moyen d’un-e AESH peine à s’élever au-dessus de 600 à 800 euros par mois.

Enfin, la mutualisation des personnels AESH, telle qu’elle est prévue dans la circulaire du 6 juin 2019 avec les PIALs (pôle inclusif d’accompagnement localisé) a considérablement dégradé les conditions de travail avec de plus en plus de service partagé sur plusieurs établissements, ce qui signifie un accompagnement beaucoup plus morcelé. De nombreux-ses AESH manifestent aujourd’hui leur désir de démissionner. Du côté des élèves, il y a toujours de nombreuses notifications pour lesquelles il n’y a encore pas d’AESH affecté-es.

Un plan social chez les enseignant-e-s contractuel-le-s

Après avoir massivement eu recours aux contractuel-le-s ces deux dernières années, le gouvernement a entamé d’autre part un plan de licenciement qui ne dit pas son nom. Les contractuel-le-s sont les premier-e-s à subir les suppressions de postes annoncées par le gouvernement Macron. Des centaines de contractuel-le-s enseignant-e-s, mais aussi des contrats aidés, des AESH et des AED n’ont pas été renouvelé-e-s, sans légitimation, ni respect des règles, en arguant de bilans professionnels à charge parfois ignorés du ou de la salarié-e, voire sur des motifs discriminants. Et pourtant il reste des postes vacants et des besoins à couvrir. L’inquiétude monte à juste titre chez les parents d’élèves. Et non contente de ne pas renouveler les contrats, l’administration tarde à délivrer les attestations Pôle Emploi, laissant ces agent-e-s de la fonction publique sans revenu. Cette « restructuration des moyens humains » n’est-elle pas le résultat de la réforme du lycée ou de la généralisation d’une 2ème heure supplémentaire obligatoire ? Toujours moins de personnels, pour de plus en plus de charge de travail, les contractuel-le-s faisant office de variable d’ajustement.

SUD Éducation revendique :
- la titularisation de tou-te-s les agent-e-s de l’Éducation nationale,
- la mise en place d’un système paritaire de gestion des affectations et des renouvellements de contrats,
- une harmonisation des conditions de travail pour tou-te-s les contractuel-le-s sur l’ensemble du territoire
- un renforcement de la CCP,
- une revalorisation salariale à l’ancienneté des contractuel-le-s, ainsi que le même droit aux primes.

SUD Éducation invite les contractuel-le-s à se faire entendre et à organiser la défense de leurs conditions de travail.


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