Communiqués de la Fédération Sud-Education

vendredi 11 janvier 2019

1 ) Si, M. Blanquer : la liberté d’expression est bien garantie aux fonctionnaires !

Le ministre Blanquer a manifestement un problème avec la liberté d’opinion des fonctionnaires et son corollaire, leur liberté d’expression. Il a ainsi introduit dans l’article 1 de son projet de loi un article qu’il comptait utiliser pour museler les enseignant-e-s.

Dans son étude du projet de loi, le Conseil d’État rappelle que cet article n’a aucune valeur légale et qu’il serait censuré par le Conseil constitutionnel s’il était maintenu en l’état.

La tentative du ministre est donc vouée à l’échec. SUD éducation rappelle que les personnels qui n’ont pas de responsabilité hiérarchique ne sont pas soumis au devoir de réserve.

Nous rappelons qu’il est parfaitement possible pour les personnels de s’exprimer publiquement, y compris à destination des parents d’élèves sur les conditions de travail et d’enseignement ainsi que sur les réformes libérales et réactionnaires du ministre Blanquer.

La liberté d’expression des fonctionnaires est un droit : SUD éducation appelle les personnels à le faire vivre.

2) Deuxième heure supplémentaire imposée aux personnels : pour SUD éducation, c’est non !

Le ministre Blanquer a annoncé que lors du comité technique ministériel du 30 janvier prochain il soumettrait aux organisations syndicales un projet de modification des statuts des personnels enseignants du second degré.

Sur les suppressions de poste prévues, 2 085 seront converties en heures supplémentaires. Pour qu’elles soient absorbées, le ministère a ainsi décidé brutalement d’imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignant-e-s.

L’augmentation du nombre d’heures supplémentaires imposées, c’est :

  • une augmentation de la charge de travail des personnels ;
  • la réduction du nombre d’adultes dans les établissements par la suppression des postes ;
  • en aucun cas une augmentation du salaire des enseignant-e-s : les heures supplémentaires-année sont désormais défiscalisées et désocialisées. Ce n’est donc pas une augmentation du salaire, c’est la baisse des ressources pour notre assurance-santé et notre retraite.

SUD éducation revendique au contraire :

-* une baisse du temps de service face élève de trois heures pour les enseignant-e-s du second degré, les trois heures libérées étant consacrées au travail en équipe ;

  • une revalorisation conséquente de la rémunération des personnels, un début de carrière à 1700€ ;
  • des créations de postes à la hauteur des besoins pour un service public de qualité avec une baisse des effectifs par classe.

Face à ces attaques répétées contre les statuts des enseignant-e-s qui dégradent le service public, SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser dans les établissements à partir du 17 janvier et à la grève le 24 janvier 2019.

3) Évaluations nationales en CP : SUD éducation propose des modalités d’action

Ces évaluations remettent en cause les compétences professionnelles des enseignant-e-s en les considérant comme de simples exécutant-e-s. Elles constituent aussi une perte de temps et mettent les élèves en difficulté.

À l’appel des organisations syndicales et notamment de SUD éducation, de nombreux-ses enseignant-e-s ont refusé de faire passer ces évaluations. À partir de la fin du mois de janvier, le ministère imposera aux élèves de CP et aux enseignant-e-s une nouvelle série d’évaluations.

Le ministère prétend qu’il s’agit de mesurer les « progrès » des élèves depuis la rentrée scolaire.
On peut le dire à l’avance : les résultats de ces évaluations seront extrêmement positifs. Il s’agit en effet pour le ministère de se féliciter lui-même de sa politique. Le ministère prétendra que s’attaquer à la liberté pédagogique des enseignant-e-s et imposer ses vues rétrogrades sur l’enseignement est le facteur déterminant de la réussite des élèves, alors même que les évaluations de début d’année étaient faites pour mettre en échec les élèves.

Ces évaluations ne constituent en rien une aide pertinente pour enseigner mais démontrent la volonté ministérielle de mettre au pas les enseignant-e-s.
C’est pour ces raisons que la fédération SUD éducation a appelé au refus de ces évaluations.

Et ensuite : ne faisons pas remonter les résultats !
Que les équipes refusent de les faire passer ou non, ou qu’elles adaptent les modalités de passation, il est maintenant nécessaire de refuser l’uniformisation pédagogique et le contrôle permanent. Derrière un discours prétendument scientifique, le ministre entend normer les pratiques pédagogiques. Les résultats ne serviront pas aux seul-e-s élèves et à leurs enseignant-e-s, ils serviront, surtout, en novlangue, à “accompagner et piloter”. C’est-à-dire à contrôler davantage. On voit là le lien avec les animations pédagogiques présentées comme obligatoires et centrées sur les seuls “apprentissages fondamentaux”.

De plus rien ne sera anonyme puisque le portail de saisie des résultats des élèves fonctionne avec des codes identifiants assignés aux enseignant-e-s en lien avec ONDE (ex Base élève). Cette absence de protection des données sera renforcée par le fait que le stockage des données sera effectué par la société Amazon, en Irlande.

L’obsession de la « culture du résultat »

À l’heure où le ministère prévoit de créer une direction d’école avec un statut hiérarchique.

Loin d’être réservées à un usage interne, ces mesures participent au renforcement des inégalités territoriales en imposant progressivement une « culture du résultat » qui permettrait de distribuer les bons et les mauvais points aux équipes enseignantes :

• l’augmentation des postes à profil ;
• l’arbitraire et l’injustice des promotions ;
• la mise en place de la prime REP+ au mérite.
Contre cette vision managériale de l’école, SUD éducation revendique des moyens pour une école égalitaire et émancipatrice.

→ La fédération SUD éducation revendique la suppression de ces évaluations.
→ SUD éducation appelle les enseignant-e-s du 1er degré à ne pas faire passer les évaluations et le cas échéant à ne pas faire remonter les résultats. Dans les conseils d’école et d’administration, dénonçons ces évaluations. SUD éducation s’engage à défendre les collègues.
→ SUD éducation appelle à signer LA PÉTITION pour
exiger la fin des évaluations nationales : https://frama.link/evalsnats*]

Avec les organisations syndicales SNUipp-FSU, SNUDI-FO, UNSEN-CGT Educ’Action, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SUD éducation a envoyé un courrier au ministre le 14 janvier 2019 lui demandant l’abandon du dispositif des évaluations nationales imposées.