Coronavirus/covid 19 : une crise très politique

dimanche 29 mars 2020

Avec l’épidémie de Coronavirus nous traversons une crise sanitaire majeure qui va frapper durement et en premier lieu les classes populaires. La situation dans le 93, entre autres, en témoigne. Cette crise est dramatiquement aggravée par des politiques qui ont détruit le système de santé publique, et n’ont pas pris la mesure de la gravité de la crise sanitaire, ou l’ont cyniquement niée. A présent, on peut constater que par l’état d’urgence sanitaire, le gouvernement poursuit sa guerre contre les droits des salarié.es. Le syndicalisme, dans son ensemble, doit exercer son rôle de contre-pouvoir et prendre les responsabilités que n’ont ni l’État ni nos employeurs.

Dans notre secteur professionnel, celui de l’éducation, nous avons du d’abord supporter plusieurs jours de cacophonie : ordres et contre-ordres se sont succédés entre le 13 et le 16 mars, laissant des personnels et des élèves désemparé·es. L’impréparation du ministère et des autorités administratives a été manifeste.
Le suivisme, parfois le zèle hiérarchique, de chefs de service a ajouté à cette cacophonie qui a clairement été un facteur de mise en danger.
Notre syndicat a rappelé que l’usage du droit de retrait est légitime lorsque l’employeur fait courir un risque de contamination au Coronavirus. https://www.sudeducation.org/Epidemie-Coronavirus-quels-sont-mes-droits-Les-FAQ-de-SUD-education.html

Enfin, des rectorats convoquent des enseignant-e-s pour des lubies irresponsables, comme dans l’académie de Nantes où des collègues se sont vu enjoindre de déposer du matériel et des documents dans les commerces ouverts !

Cela ne concerne pas que nous : nous contaminer c’est prendre le risque de contaminer nos proches et de faire circuler davantage la maladie. Nous invitons les personnels à nous contacter en cas de mise en danger, besoin d’information ou de soutien !

Lorsqu’ils et elles ne peuvent pas être pris·es en charge par l’un·e de leur parent, les enfants de soignant·es et maintenant ceux d’autres métiers (protection de l’enfance, services sociaux) peuvent être accueilli·es dans les établissements scolaires.
Nous exigeons que l’Éducation nationale garantisse les conditions de sécurité sanitaire à cet accueil. Ce n’est pas par « esprit de corps » : c’est pour protéger les personnels, les enfants… et leurs parents en première ligne face à la maladie et qui ne doivent pas être exposé·es à des risques supplémentaires ! Nous rappelons que l’accueil des élèves doit se faire sur la base du volontariat.

Nous nous inquiétons également des élèves de lycées professionnels et de CFA qui étaient appelé·es à se rendre en entreprise pour effectuer leurs stages.

Les instructions ministérielles semblent laisser la décision de les en dispenser aux chefs d’établissement. Nous invitons les équipes des lycées professionnels à exiger que leurs élèves n’aillent pas en stage.

Concernant la mise en place du télé-travail, elle se fait chaotiquement. Ça ne doit pas être une source de stress ou d’anxiété pour les personnels comme pour les élèves et leurs parents. Chacun·e fait comme il et elle peut.
Nous invitons toutes et tous les personnels à consulter la FAQ de SUD éducation à ce sujet : https://www.sudeducation.org/foire-aux-questions-le-teletravail.html

L’urgence est d’abord sanitaire : laissons les enseignant-e-s et les élèves faire au mieux, pendant et après la crise sanitaire, mais sans remettre en cause nos droits.

Par ailleurs, la pression ministérielle sur les congés est un non-sens : elle implique à la fois d’enjoindre en ce moment les personnels à la poursuite de leur service dans le cadre du télétravail, et de raccourcir les vacances. Les personnels ne sont actuellement pas en congé : ils et elles sont soit à la disposition de l’employeur, soit sont en arrêt maladie ou bénéficient d’une autorisation spéciale d’absence pour garder leurs enfants. Pris au pied de la lettre, il s’agirait donc d’un allongement inacceptable du temps de travail, et on peut craindre que le ministre ne se priverait pas de pérenniser le dispositif. Ce sera sans nous ! https://www.sudeducation.org/Attaque-sur-les-conges-scolaires-la-crise-sanitaire-ne-doit-pas-etre-une-9171.html

Les inégalités sociales sont criantes dans notre société, crise ou pas, et elles se manifestent d’autant plus à présent. Beaucoup d’élèves n’ont pas d’accès à un ordinateur. Nos élèves étranger·es isolé·es sont particulièrement vulnérables.
Nous demandons à ce que le travail à distance ne soit pas assorti d’évaluations qui seraient des sanctions pour nombre d’élèves des classes populaires.

Il est évident aujourd’hui que les examens ne pourront pas se dérouler normalement : des mesures – qu’il s’agisse d’annulation ou d’aménagements – doivent être prises et annoncées au plus vite.

Car la priorité est la situation sanitaire et le combat contre l’épidémie.

- C’est pour tout cela que nous soutenons les droits de retrait, les grèves et les débrayages des salarié·es forcé·es à travailler dans des activités non-vitales et non-nécessaires à enrayer l’épidémie., état d’urgence sanitaire ou pas.

Le gouvernement et le patronat ont pris la responsabilité criminelle d’envoyer au travail des salarié·es dans des secteurs professionnels qui n’ont aucun sens ni utilité contre le coronavirus. Pour que les personnels soignant·es puissent faire face au mieux à la maladie, il faut que cela cesse et que les droits au revenu et à la subsistance soient garantis !

Cette crise sanitaire est la crise d’un système capitaliste mortifère. Quand nous en serons au « jour d’après », c’est bien la socialisation et l’autogestion des services et de la production qui seront à l’ordre du jour. Pour que l’entraide et l’égalité l’emportent sur les intérêts privés et égoïstes.


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