Dans le premier degré comme partout - SUD éducation appelle à reprendre la mobilisation

mercredi 4 septembre 2019

L’année passée a été marquée par une mobilisation d’ampleur, en particulier dans le premier degré, contre la loi Blanquer. Cette mobilisation a connu des victoires, avec notamment l’abandon, du moins à ce stade, des Écoles publiques des savoirs fondamentaux. Cela dit, les revendications des personnels sont toujours d’actualité, et en premier lieu l’abrogation des contre-réformes ! Les mauvais coups continuent de pleuvoir, avec en particulier la réforme des retraites qui arrive. L’heure est donc à la reprise de la mobilisation : mettons en débat dans les écoles la construction de la grève dans tous les secteurs de l’éducation !

Où en est-on de la loi Blanquer ?

La loi Blanquer a été promulguée le 28 juillet. Différentes dispositions entrent en vigueur dès la rentrée, et notamment :

- le financement des écoles maternelles privées via l’obligation de scolarité dès 3 ans, alors même que 400 écoles rurales ont été fermées en cette rentrée. Cette scolarisation obligatoire présentée comme “mesure de justice sociale” est un leurre puisque 98% des élèves sont déjà scolarisé-e-s en maternelle. Le décret précise que « l’obligation d’assiduité peut être aménagée en petite section d’école maternelle à la demande des personnes responsables de l’enfant » après avis du directeur et sur décision de l’IEN. Cet aménagement portera sur les heures de classes prévues l’après-midi, ce qui aura un impact sur l’organisation de l’école.

- la surenchère réactionnaire et nationaliste à l’œuvre avec l’obligation d’afficher les drapeaux et les paroles de l’hymne national en classe.
Quant aux EPSF, certes cela n’a pas été retenu mais le projet revient en douce avec la publication cet été de deux rapports relançant l’école du socle et avec les projets de Cités éducatives dans les quartiers prioritaires, que nous dénonçons comme un regroupement d’écoles autour d’un-e chef-fe d’établissement pilote. C’est ici l’Éducation prioritaire qui est en danger car les moyens alloués aux Cités éducatives n’iront pas à l’EP, déjà sous-dotée.
SUD éducation revendique toujours l’abrogation de la loi Blanquer.

Maintien des évaluations nationales

Les évaluations en classes de CP et CE1 sont maintenues bien que leurs résultats déclarés « encourageants » soient contestés par les spécialistes. Ce qui change à la rentrée 2019 : contrairement à l’an dernier, le ministère donne un cadre formel à ces évaluations dans sa circulaire de rentrée, elles ont donc un caractère obligatoire. La mise en concurrence des écoles est plus que jamais en marche… et la liberté pédagogique des collègues de plus en plus bafouée cantonnant les enseignant-e-s à de simples exécutant-e-s. Réaffirmons notre professionnalisme, réfléchissons en équipe, construisons nos outils ensemble, ne laissons pas les enseignant-e-s concerné-e-s par la passation de ces évaluations seul-e-s face à ces attaques : SUD éducation appelle les conseils des maître-sse-s à se prononcer collectivement sur le refus de ces évaluations, et appelle les personnels à se mobiliser contre ces évaluations.

Liberté pédagogique et « 100% de réussite »

« La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. » (loi n°2005-380 du 23 avril 2005). Dans le cadre du dispositif « 100% de réussite » en classes de CP et CE1, des IEN tentent d’imposer aux collègues tout un protocole incluant des visites, des évaluations et une sélection de manuels associés à des méthodes d’enseignement. Pourtant, chaque enseignant-e est libre de mettre en place la pédagogie qu’il/elle souhaite dans sa classe tant qu’il/elle se réfère aux programmes en vigueur. Ne peuvent être imposés : méthodes, manuels, organisation de classe, décloisonnement, échange de service... même dans le cas des classes de CP et de CE1 dédoublées !
Malgré les effets d’annonce ministériel et présidentiel, les classes de grande section en éducation prioritaire ne sont pas dédoublées en cette rentrée ; le seuil maximum de 24 élèves par classe en grande section, CP et CE1 n’est pas respecté.

SUD éducation appelle les personnels à continuer à exercer le plein usage de leur liberté pédagogique. SUD éducation continuera de s’opposer frontalement aux tentatives de mises au pas des personnels, et revendique la suppression des évaluations nationales imposées aux élèves, et aux personnels. SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se réunir en Assemblée générale, à mettre en débat la grève et sa reconduction pour construire un mouvement d’ampleur contre la politique libérale, réactionnaire et autoritaire menée par le ministère

De la poudre aux yeux pour les AESH

La circulaire du 5 juin dernier, présentée par les ministres Blanquer et Cluzel comme une grand avancée pour les personnels n’est que de la poudre aux yeux. Pour les AESH, c’est toujours la précarité qui est à l’ordre du jour. En cette rentrée, SUD éducation fait le point.

Le PIAL, rentabilisation à marche forcée des personnels au mépris du service rendu.

Incapable de proposer un statut suffisamment attractif pour pourvoir tous les postes comme de se donner les moyens de répondre aux besoins des élèves et de leur famille, Blanquer se retranche, avec la création des PIAL, dans une stratégie d’optimisation des ressources au mépris des conditions de travail des AESH comme des élèves suivis. Là où une solution individuelle est nécessaire, le ministre répond « mutualisation » !Les économies ne doivent se faire ni au détriment des conditions de travail, ni à celui du service rendu.
Que dit la circulaire ?

Conditions de recrutement
Elles restent les mêmes ! À savoir être titulaire d’un diplôme dans le domaine de l’aide à la personne, ou avoir exercé 9 mois en contrat d’insertion, ou avoir un diplôme de niveau 4 (bac ou équivalent, indispensable en lycée seulement).

Durée des contrats
6 ans de CDD en 2 contrats de 3 ans. L’administration fait passer comme une avancée ce qui se limite à l’application jusqu’alors non respectée de la loi déjà existante.

Accès au CDI

Attention, il n’est plus fait mention du maintien de la quotité horaire lors de la CDisation. Avoir 6 ans d’exercice sur les mêmes fonctions en CDD, à temps complet, partiel ou incomplet ; pas de nécessité d’être titulaire du DEAES ; le refus de renouveler le contrat en CDI doit être motivé par l’intérêt du service. Les années travaillées en CUI restent exclues du calcul des six ans.

SUD éducation revendique la titularisation des tou-te-s les précaires de l’éducation, quel que soit le type de contrat, sans conditions de concours, de nationalité, de formation ou de diplôme.

Modifications de contrat
Changement du lieu de travail et de la quotité horaire au bon vouloir de l’administration ! Avoir 6 ans d’exercice sur les mêmes fonctions en CDD, à temps complet, partiel ou incomplet ; pas de nécessité d’être titulaire du DEAES ; le refus de renouveler le contrat en CDI doit être motivé par l’intérêt du service. Les années travaillées en CUI restent exclues du calcul des six ans.

Période d’essai
Période d’essai : Jusqu’à 6 mois selon la tête du client ! Facultative, au moins deux mois sont recommandés lors d’un premier contrat, 3 mois maximum, renouvelable une fois. Au bon vouloir de l’autorité administrative.

Rémunération
Aucune augmentation de salaire n’est prévue ! La grille salariale est modifiée à la marge pour quelques euros. Le réexamen de l’indice, laissé à la discrétion des académies (ce qui entraîne des disparités entre elles !), est plafonné à 6 pts par période de 3 ans.

Sud éducation revendique une hausse du S.M.I.C. à 1700€ net pour un temps plein et un avancement à l’ancienneté tenant compte de toutes les années déjà effectuées quel que soit le type de contrat ainsi que l’attribution de la prime REP.

Entretien professionnel
Amalgame grossier entre l’entretien professionnel, les renouvellements de contrats et la revalorisation salariale ! Il est préconisé de le réaliser au terme de la première année et à chaque renouvellement de contrat. Uniquement un supérieur hiérarchique direct seul ! Trop souvent mené par ou avec des « collègues », il crée un état de subordination au sein de l’équipe.

Sud éducation revendique la fin de toute évaluation hiérarchique.

Membre de la communauté éducative
Faites valoir vos droits auprès de la hiérarchie !
Bataillez ferme ! Les AESH doivent être invité-es lors des rencontres entre les enseignant-es et la famille de l’élève accompagné-e, lors des réunions des équipes pédagogiques et des équipes de suivi de la scolarisation. Les AESH ont accès aux salles des personnels ainsi qu’aux « outils nécessaires à l’exercice de leurs missions » (photocopieuse, casier, etc. ... ).

Fonctions exercées
Pas de travail administratif ! Non à la hiérarchisation entre collègues ! Ni travail administratif, ni accompagnement d’élèves sans notification. L’AESH « peut participer [...] aux dispositifs École ouverte & stages de réussite, dès lors que l’élève qu’il accompagne est concerné ». Aucune obligation donc ! Ces dispositifs hors temps scolaires sont rémunérés pour les enseignant·e·s. L’administration nomme des AESH référent·e·s.

Lieux d’exercice
Corvéables à merci avec la mise en place des PIAL ! Si vous êtes affecté.e dans un PIAL, la zone d’intervention est celle du PIAL, les temps de déplacement sont compris dans le temps de travail et l’emploi du temps est défini par le responsable du PIAL (IEN ou chef·fe d’établissement).
Affecté.e en dehors d’un PIAL, le/les lieux d’affectation doivent figurer sur le contrat. Il est précisé que le périmètre d’intervention doit se situer à une « distance raisonnable du domicile » de l’AESH. Ce terme est flou et rien n’est dit sur les temps de déplacement en cas d’affectation multiple.

SUD éducation revendique la même pondération en cas d’affectation multiple des non titulaires que pour les titulaires. SUD éducation s’associe aux revendications des AESH mobilisé-e-s : pas plus de deux élèves en accompagnement (respect des notifications horaires de la MDPH), pas d’affectation sur plus de deux écoles ou établissements, et pas plus de deux accompagnant-e-s pour un-e même élève.

Temps et quotité de service
L’administration a préparé de jolis cahiers de vacances pour former les AESH pendant les périodes de vacances ! le temps plein reste à 1607 heures annuelles, mais les heures se répartissent désormais sur 41 semaines (voire 45). Le temps scolaire étant de 36 semaines, ces semaines en plus permettraient de tenir compte du temps de travail invisible (réunions hors temps de service, temps de préparation, etc.). Reconnaître ce temps ne doit pas devenir une excuse pour rendre les AESH corvéables à merci et imposer les formations sur les petites vacances.

SUD éducation revendique la fin de l’annualisation du temps de travail et le respect d’un temps de travail hebdomadaire défini.

Le droit à la formation
De belles intentions au conditionnel ! Une formation de 60h d’adaptation à l’emploi est prévue, « si possible avant la prise de poste » et « comprise dans leur temps de travail ». Le développement d’une offre de formation continue est demandé aux académies.

Pour les AESH, SUD éducation revendique :

  • Un vrai statut intégré à la Fonction publique de l’État avec la titularisation sans conditions de diplôme ou de nationalité.
  • l’arrêt du recrutement de personnels non-titulaires
  • une augmentation des salaires avec une entrée dans le métier à 1700€ nets et de véritables évolutions salariales tout au long de la carrière.
  • la fin des temps incomplets imposés et la reconnaissance des « tâches invisibles » des AESH (formation – coordination…) qui permettent de constituer un temps complet.
  • l’accès aux mêmes primes (éducation prioritaire), indemnités et pondérations (éducation prioritaire et affectation multiple) que les titulaires qu’importe la durée du contrat
  • des moyens pour une véritable formation initiale et continue
  • de meilleures conditions d’affectation : • Création de commissions paritaires pour les affectations des AESH pour garantir le droit à la mobilité • Affectation sur 2 établissements au maximum • Constitution d’une brigade de remplacement AESH - l’étude en CCP de tous les cas de non-renouvellements