Déclaration de Sud Education Académique au Groupe de Travail AESH du 6 février

mardi 30 janvier 2018

Les auxiliaires de vie scolaire sont devenu-e-s indispensables pour accompagner les enfants en situation de handicap, de la maternelle au lycée. Beaucoup aiment ce travail qui demande une grande capacité d’écoute et beaucoup d’ingéniosité. Pourtant, toutes ou presque en cherchent un autre : bas-salaires, précarité, manque de formation et de reconnaissance les usent jusqu’à l’épuisement. D’autant plus que, malgré les multiples promesses gouvernementales, une véritable politique leur donnant les moyens de bien faire leur travail se fait toujours attendre. Et la transformation des CUI en AESH est loin de nous donner satisfaction :

  •  Les contrats AESH sont annualisés : à temps complet, ce sont 1607 heures réparties sur 39 à 45 semaines. Mais l’essentiel des contrats sont à temps partiel, au prétexte que les élèves n’ont pas 35 heures de cours ; or, le temps de travail des AESH ne prend pas en compte le temps de préparation et de concertation.
  •  Temps partiel, donc salaire partiel : les salaires sont scandaleusement bas : entre 590 et 940 euros !
  •  Seules les années effectuées sous contrat AESH sont prises en compte pour la CDIsation, ce qui fait que les personnels accompagnants peuvent attendre 8 à 11 ans avant d’espérer un CDI, et subissent en attendant les pressions liées à la crainte du non-renouvellement.
  •  Le DEAES est d’un niveau V. L’employeur ne reconnaît pas ni les qualifications de ses salarié-e-s, ni les exigences du travail.

Par ailleurs, dans une logique d’austérité budgétaire, le nombre des accompagnant‑e-s d’élèves en situation de handicap est très insuffisant pour couvrir les besoins des élèves et la majorité de ces acccompagnant-e-s est toujours en Contrat unique d’insertion (CUI). Les CUI ont en effet le double avantage d’être moins cher pour l’employeur – qui touche des subventions sur ces contrats – et de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage ! Or, ces personnels subissent des conditions de travail intolérables, et l’employeur va toujours plus loin dans l’inacceptable.

Ainsi, dans la plupart des académies dont celle de Rennes, les CUI se voient imposer des services de 24 heures payés 20 heures, sous prétexte de faire rattraper les vacances scolaires, ce qui est illégal. Par ailleurs, les personnels sous CUI sont loin de se voir systématiquement proposer un contrat AESH à l’issue de leur contrat aidé, supposé pourtant déboucher sur une « insertion » qui tient largement du mirage. Et parmi ceux qui bénéficient de ces nouveaux contrats AESH, beaucoup démissionnent plutôt que de se voir imposer l’annualisation et une dégradation des conditions salariales.

La seule solution pour garantir l’égalité des droits pour les personnels, comme pour assurer des conditions d’apprentissages décentes pour les élèves en situation de handicap, est que les missions d’accompagnement d’élèves en situation de handicap ne soient exercées que dans le cadre d’emplois statutaires de la fonction publique.

*SUD éducation revendique la titularisation de tou-te-s les salariés, quel que soit le contrat, sans condition de concours et avec une formation adaptée ;
 
*La création d’un nouveau métier sous statut de la fonction publique répondant aux missions d’AESH ;
 
*Un service à temps complet qui intègre les périodes de réunion de synthèse des équipes de suivi de scolarité, de concertation avec les enseignants, de préparation...
 
*Une véritable formation débouchant sur un diplôme de niveau bac minimum (niveau IV).


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