Lundi 20 novembre : Journée Internationale des droits de l’enfant.

Mobilisation dans toute la France pour les droits des Mineurs Isolés
lundi 20 novembre 2017

Aujourd’hui, lundi 20 novembre partout en France auront lieu des actions pour revendiquer et défendre les droits des Mineurs Isolés Étrangers qui en théorie devraient être les mêmes que ceux des français (voir les actions par le lien ci-dessous).

La réalité est tout autre, la protection des mineurs n’est pas respectée lorsqu’il s’agit des étrangers. Quant à la scolarisation !

QU’EN EST-IL DANS LES CÔTES D’ARMOR ?

Protection des mineurs non accompagnés.

En juillet 2013, un collectif de soutien aux mineurs isolés étrangers s’était créé pour contester les mises à la rue de jeunes étrangers sous prétexte que leur papiers étaient « faux ».
On nous a assuré à l’époque que tout était fait dans les règles : entretien préalable avec du personnel « formé », vérification de l’authenticité des papiers par la Police Aux Frontières (PAF), tests médicaux. La conjonction de ces trois critères d’évaluation permettait de déterminer la fraude du jeune et sa mise à la rue.
Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour démonter cette argumentation :

- entretien préalable ou préjugé ? Pour exemple, un jeune congolais qui n’a pas 16 ans est qualifié lors de son premier entretien « ...d’un aspect adulte, 25 ans au moins... » par la cadre qui le reçoit. Qui peut prétendre se forger une opinion claire sur le parcours d’une personne lors d’un entretien d’une heure d’autant que la plupart du temps cette dernière ne parle pas le français.

- vérification des papiers ? Dans la grande majorité des cas, la PAF se borne à émettre des réserves sur la forme et l’aspect des documents en ne se prononçant pas sur le contenu. Dans le département, cela a quasi systématiquement, conclu à l’accusation de fraude.

- tests médicaux ? la non fiabilité de ces tests n’est plus à démontrer.

D’ailleurs, les élus et la vice-présidence en charge du dossier auraient pu le constater et l’admettre lorsque nous les avons alertés en présentant les preuves de leurs erreurs successives. A ce jour, plus d’une trentaine de jeunes mis à la rue parce qu’ils étaient soi-disant majeurs ont pu obtenir des papiers identiques à ceux qu’ils avaient présentés à leur arrivée dans le département et ces derniers ont été authentifiés par la PAF et leur consulat. Ils ont pu ensuite obtenir un passeport et demander puis obtenir un titre de séjour.
Cela n’a pas fait dévier la politique du département qui continue à évaluer selon les mêmes règles en faisant semblant de ne pas savoir qu’elles ne sont pas fiables.
Des familles se sont organisées pour prendre en charge les jeunes mis à la rue afin de leur donner le temps de prouver leur minorité et de prolonger ou commencer leur scolarité. Les besoins sont malheureusement grands (cinq jeunes mis à la rue la semaine dernière). Vous pouvez prendre contact avec nous si vous souhaitez participer.

Scolarisation

Jusque la rentrée 2016, l’académie de Rennes était la seule où il n’existait pas de CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des enfants Allophones Nouvellement Arrivés). Son site académique dit entre autre que le rôle de sa responsable est de : « formaliser, en fonction du contexte local et en collaboration avec les services départementaux, la mise en œuvre de la politique et de la stratégie académiques de scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés... »

- En primaire

Une classe d’accueil existe depuis longtemps mais elle a vite tourné à plein régime avec une seule professeur. Dans les autres écoles, le personnel et les enfants allophones doivent se débrouiller.

- En collège

A la rentrée 2015, la première UPE2A (Unité Pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants) des Côtes d’Armor a été ouverte au Collège Racine de Saint-Brieuc. Avant cela, quelques heures d’enseignement Français Langue de Scolarisation (FLS) étaient distribuées et dispensées dans les collèges et lycées qui en faisaient la demande.
Encore fallait-il trouver des enseignants volontaires et formés. Dans le cas contraire, il n’y avait pas d’enseignement FLS.
L’UPE2A du collège Racine a vite été sollicitée au-delà de ses capacités et a dû réduire le volume d’heures des premiers arrivés pour en accueillir d’autres. Cela signifie également que l’accueil en UPE2A s’est très vite centré sur les élèves qui avaient les plus grands besoins laissant les autres élèves dans leur établissement de secteur avec 2 ou 3 heures de FLS par semaine, quel que soit leur niveau de connaissance de la langue française.
Pour le reste, les enseignants des collèges doivent se débrouiller avec les quelques ressources relayées par le CASNAV.
L’aménagement de leur emploi du temps avec la dispense de certains cours comme la LV2 se répercute sur une prise en charge par la Vie Scolaire et/ou les professeurs documentalistes en fonction de leur disponibilité.
Deux UPE2A ont été créées à la rentrée 2017, l’une au collège Camus de Grâces et l’autre au collège Charles Le Goffic de Lannion (avec possibilité aux lycéens du secteur d’y être accueilli) mais les moyens restent très en deçà des besoins.
Pour exemple, 12 élèves allophones au collège Edouard Herriot de Rostrenen n’ont aucun enseignement FLS.

- En lycée

Dans les lycées costarmoricains, la même politique de distribution éparse d’heures supplémentaires perdure considérant peut-être que les jeunes arrivant en lycée ont obligatoirement un bon niveau de compréhension du français. La réalité est bien entendu différente et les enseignants doivent composer avec l’hétérogénéité des niveaux de compréhension.
Par ailleurs, pour la majorité de ces jeunes, les formations dans lesquelles ils se retrouvent ne sont pas choisies. Ce sont les seules où des places sont disponibles car elles sont délaissées par les collégiens costarmoricains.
Il semble que pour cette année, même ces classes vont se retrouvées saturées...
Une UPE2A a été mise en place au lycée Chaptal de Saint-Brieuc à la rentrée 2017 ; elle ne concerne que les établissements du district. En outre, sa mise en place a été longue.
Là encore, en terme de moyen, nous sommes très loin du compte dans un contexte où les arrivées de migrants ne cessent d’augmenter.

Sud-Education22 revendique une politique d’accueil des migrants qui ne soit pas comptable mais qui vise à l’égalité de traitement avec les jeunes français.

Dans les Côtes d’Armor,

- la Direction Mineurs Non Accompagnés du département doit cesser de recourir à une évaluation qui a fait les preuves de son injustice et mettre en place une politique de réelle prise en charge éducative des mineurs isolés qui aille au delà d’une simple mise à l’abri.

- l’Éducation Nationale doit tout d’abord rattraper son retard en formation des enseignants au Français Langue Étrangère et rapidement apporter les moyens suffisants dans tous les établissements accueillant des élèves étrangers non francophones. Il n’est pas normal que ces derniers se retrouvent systématiquement dans les filières les moins demandées du fait d’une insuffisance voire d’un manque flagrant de formation au Français Langue de Scolarisation . Le rectorat doit envisager leur accueil dans sa globalité et non uniquement à travers le filtre du FLS.



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