QUELLE POLITIQUE VOULONS NOUS POUR LES ELEVES ETRANGERS ?

jeudi 31 janvier 2013

ENAF (Élèves Nouvellement Arrivées en France), primo-arrivants, allophones, autant de mots qui reflètent une dure réalité, celle d’une défaillance du service public d’éducation.

Chaque mois de novembre, la Direction Académique sollicite les établissements pour connaître les besoins en FLE/FLS (Français Langue Étrangère/Français Langue Seconde). Que les établissements répondent ou non (certains ne répondent pas alors qu’ils ont des élèves qui auraient grand besoin d’une aide pour pouvoir étudier « correctement »), les moyens alloués sont complètement insuffisants et s’apparentent à un véritable bricolage plutôt qu’à une réelle prise en charge des besoins de ces élèves. Pire, des élèves continuent d’arriver dans les Côtes d’Armor et être scolarisés sans moyen supplémentaire puisque « l’enveloppe horaire » est épuisée.

Lorsque l’on parle de moyens supplémentaires, il faut préciser que ce sont des heures supplémentaires qui seront effectuées par les collègues en poste qu’ils aient ou non le bagage pédagogique pour enseigner le français langue étrangère.

L’arrivée des élèves dans les établissements se fait sans aucun protocole établi et les témoignages des collègues sont parfois alarmants : peu ou aucune information des personnels avant l’accueil, immersion dans une classe alors que l’élève n’a strictement aucune maîtrise de la langue française ou même de l’alphabet latin, etc...

La Direction Académique annonce pour la rentrée prochaine, la création d’un poste profilé FLE/FLS et anticipe déjà la demande des chefs d’établissement qui ne veulent pas que leur établissement soit « estampillé ». A notre connaissance, une réunion a déjà eu lieu et seuls les chefs d’établissement ont été invités alors que l’avis des quelques collègues qui ont acquis une expérience en la matière et celui des syndicats devraient compter. La décision de ne pas profiler le poste a été prise et des collègues ont été pressentis. Il faut faire vite au moment où on vote les DGH dans les collèges ! Cette marche forcée est-elle gage d’une analyse sereine de la situation dans les Côtes d’Armor ? D’autre part, une circulaire académique est en cours de rédaction et un « Blog » de mutualisation des ressources devrait être mis en place sur le site de l’académie. Ces moyens sont loin d’être suffisants.

Pour Sud Éducation, les moyens supplémentaires apportés cette année seront loin de répondre aux besoins qui sont en croissance constante. La Direction Académique ne pourra que compter de nouveau sur la bonne volonté des personnels non formés pour faire face au nombre et prendre en charge des enfants dont certains sont demandeurs d’asile et ont subi la répression dans leur pays. Cela relève d’un manque de respect flagrant de notre mission de service public.

Sud Éducation revendique :

  • La création de postes FLE en nombre suffisant pour que la tâche des collègues concernés ne soit pas atomisée et qu’elle soit autre chose qu’un simple appoint ;
  • La mise en place d’un protocole d’accueil dans les établissements qui permette de ne pas être confronté à une situation d’urgence, qui fasse sentir à ces élèves qu’ils ne sont pas une charge
  • L’allocation de moyens suffisants pour que le suivi particulier se fasse en heures-postes intégrées au service des collègues.
  • Une réelle formation pour tous les personnels qui le souhaitent.

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